Pourquoi 800 ans ?
1226 – 2026 : une légende traverse les siècles
En 1226, le roi Louis VIII traverse le Languedoc. La légende veut qu’il laisse à Pézenas sa jument malade et qu’à son retour, il la retrouve vivante, accompagnée d’un poulain.
Surpris et touché, il aurait demandé à la ville de construire un poulain de bois et de le faire défiler dans les fêtes publiques, en souvenir de son passage.
Transmise oralement pendant des siècles avant d’être mise par écrit dans le Mercure Galant en 1702, cette histoire fonde symboliquement les 800 ans du Poulain.
Mais l’Histoire est plus complexe…
En 1226, Louis VIII ne vient pas en ami : il mène la croisade contre les Cathares, assiège et réorganise les territoires du Midi.
Le Poulain naît dans un moment de rupture politique et culturelle.
C’est peut-être ce qui rend cette figure si forte : un animal festif apparu dans un contexte tendu devenu au fil des siècles un symbole populaire, joyeux et partagé.
Ce qui fait vivre une tradition
Qu’est-ce qui permet à une fête de traverser huit siècles sans se figer ?
Le Poulain est vivant parce que chaque génération se le réapproprie, le réinvente, le porte, au sens propre comme au sens figuré. Il ne survit pas malgré le changement : il survit grâce à lui.
En 2005, le carnaval de Pézenas est reconnu par l’UNESCO au titre du patrimoine culturel immatériel. Une reconnaissance internationale qui confirme ce que les Piscénois savent depuis toujours : le Poulain n’est ni folklore ni musée.
C’est une pratique vivante, collective, ancrée dans l’identité d’un territoire.
Pourquoi fêter les 800 ans aujourd’hui ?
Parce qu’un patrimoine vivant n’existe que s’il est transmis.
Parce qu’une fête populaire dit quelque chose de notre manière de faire communauté.
Parce que le Poulain n’appartient pas au passé : il appartient à celles et ceux qui le portent aujourd’hui.
Les 800 ans ne sont pas une commémoration nostalgique. C’est un moment pour transmettre aux jeunes générations, ouvrir la légende à de nouveaux récits, relier tradition et création contemporaine, et faire de la fête un espace d’inclusion et d’émancipation.
