Zoom sur l'animal

Totémique

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Le Poulain (Lo Polin, prononcer lou Pouli)
C'est avant tout une Bête, una Bestia. Une cage semi-cylindrique d'environ 3,60 mètres de long et 1,60 mètre de large, recouverte d'une toile bleue, dont sort une tête de cheval au bout d'un bâton. À l'intérieur : neuf porteurs cachés qui le font vivre et danser. Il pèse environ 360 kilos.

Ses dimensions n'ont pas changé depuis des siècles. La largeur du Poulain est exactement celle des rues les plus étroites du vieux Pézenas. Claude Alranq suggère d'ailleurs que si la largeur de la structure n'a pas changé, c'est que les rues de Pézenas ont été construites après qu'on ait fait passer le Poulain. En augmenter la taille serait renoncer à la partie la plus historique de son itinéraire.

La carcasse

Longtemps en bois de châtaignier, la carcasse a été remplacée en 1989 par une armature en aluminium démontable pour permettre un voyage en avion lors d'une tournée en Inde organisée par la Maison des Cultures du Monde. Elle respectait cependant en tous points les caractéristiques de l'ancienne structure.

En 2025, une nouvelle carcasse en bois de pays a été réalisée par les enseignants et les élèves du Lycée Technique Charles Alliès de Pézenas. Le Poulain vit avec son époque et son époque lui rend la pareille.

La tête

Quelques auteurs du XIXe siècle affirment que la tête était autrefois recouverte d'une peau de cheval, ornée de grelots et de rubans. On trouve la trace d'une ancienne tête en bois qui permettait de faire claquer la mâchoire pour produire la nhaca, le bruit des mâchoires en train de mastiquer, et aussi, à Pézenas, l'énergie propre à ceux qui font « péter le Poulain ». Depuis 1970, la tête est moulée en matière plastique. Elle pèse une vingtaine de kilos et est toujours ornée de plaques de cuivre et d'un collier de huit grelots.

C'est l'un des porteurs, à l'avant, qui l'anime, la projette en avant, la rentre dans les épaules, la dresse ou la baisse selon les circonstances. La relation entre la tête et le meneur est un élément essentiel dans la danse rituelle.



La robe bleue

La robe bleue du Poulain

La housse qui recouvre la carcasse a suivi les régimes politiques : fleurs de lys sous l'Ancien Régime, abeilles impériales sous Napoléon, étoiles ensuite. Depuis la Troisième République, les flancs du Poulain arborent les armoiries de Pézenas. La robe est régulièrement restaurée, le frotti-frotta entre le rush poulinesque et les espontaneos qui se risquent dans ses ruades fait son œuvre.

Estieinou et Estieinetta (Estiénou et Estiéneta)

Estieinou et Estieinetta sur le dos du Poulain

Les deux personnages juchés sur son dos sont habillés en jeunes mariés de la fin du XIXe siècle, lui en redingote et haut de forme, elle en robe modernisée façon 1911. Depuis, ils ne suivent ni la mode ni les influences politiques. Sauf exceptions : en 2012, la Ville leur a offert des habits de père et mère Noël pour la fête de Nadal (Noël piscénois). En 2015, pour Martror (la fête des morts), ils ont été incarnés pour la première fois par de vrais comédiens en chair et en os « pour fêter les morts, rien de tel que de mettre sur le Poulain des vivants ! » déclara Albert Lopez.

Le costume du meneur

Le costume du meneur

Le costume du meneur se rattache aux pratiques d'Ancien Régime. Selon quelques témoignages, dont celui de Violet Alford en 1935, le meneur était autrefois « très voyant, en culotte de satin blanc, veste de velours bleu et ceinture-écharpe rose ». Aujourd'hui, chaque meneur compose son propre costume, toujours une blaude et une coiffe, les couleurs variant selon les goûts, avec une tendance au bonnet d'origine phrygienne que portaient les pêcheurs méditerranéens avant qu'il ne soit emprunté par la Marianne.

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